Les mesures prises par la STIB suite à l'agression homophobe dans un bus

Question d'actualité concernant les mesures prises par la STIB suite à l'agression homophobe dans un bus.

Question d'actualité de Mme Leila Agic
à
Mme Elke Van den Brandt, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargée de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité routière

Madame la Ministre,

Mardi passé, une agression homophobe intolérable s'est produite dans un bus de la STIB, au cours de laquelle deux jeunes personnes ont été violemment agressées en raison de leur orientation sexuelle. La violence de l'agression peut se constater sur une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux. L'on y voit une dame essayer de s'interposer entre les agresseurs et les victimes. Malgré cela, une des victimes a témoigné dans la presse pour pointer du doigt le manque de réaction des autres passagers présents. Nous revenons finalement souvent sur ce manque de réaction lors d'agressions sexistes et sexuelles.

Cet événement nous rappelle la nécessité de lutter contre l'homophobie dans notre Région, mais aussi de sensibiliser les personnes qui sont présentes lors d'agressions sexistes et sexuelles sur le réseau. Une résolution votée par le Parlement bruxellois en mars 2024 soutenait déjà l'initiative d'expliquer aux citoyens qui assistent à ce genre d'événement comment ils peuvent réagir et soutenir les victimes. Nous savons en effet que la non-réaction des personnes présentes participe aussi au traumatisme des victimes.

Qu'avez-vous entrepris en collaboration avec la STIB sur cette question ?

La STIB va-t-elle enfin mettre en place une grande campagne de sensibilisation des témoins sur l’ensemble de son réseau pour leur indiquer comment venir en aide aux victimes de ce genre d'événement, sans se mettre en danger ?

Enfin, comment les conducteurs de bus et de tram sont-ils formés pour réagir lorsque ce genre d’incident a lieu durant leur service ?

Réponse de la Ministre

Tout d'abord, je souhaite exprimer ma sympathie à l'égard des victimes de cette violence insensée. Elle n'a pas sa place dans notre société, que ce soit dans la sphère privée, dans l'espace public ou dans les transports en commun.

Dans le cas présent, le chauffeur de bus a prévenu le dispatching de la STIB qu'une agression avait lieu dans le bus. Les services de sécurité de la STIB se sont rendus sur place en quelques minutes et la police a également été avisée. Entre-temps, les agresseurs ont pris la fuite. Les victimes ont demandé l’assistance du 112 et l’ambulance a été appelée. Les déclarations des témoins ont d'abord été enregistrées par les agents de la STIB. La police, arrivée sur place quelques minutes plus tard, a pris la relève.

Je remercie le personnel de la STIB et les services d’urgence pour leur intervention rapide et professionnelle, mais aussi les personnes qui ont pris leurs responsabilités dans une telle situation.

Les faits d’agression homophobe ne sont certainement pas une problématique propre aux transports publics, mais ceux-ci sont un lieu important de partage. La STIB a déjà mené une campagne sur son réseau invitant les voyageurs témoins d’une agression à réagir. Sa campagne de sensibilisation, lancée en 2019, en collaboration avec l’ONG Plan International, portait sur le harcèlement sexiste dans l’espace public et invitait victimes et témoins à réagir. Une nouvelle campagne de sensibilisation est prévue en 2025.

En cas d’agression, les voyageurs, victimes ou témoins, peuvent faire appel au personnel de la STIB et contacter le dispatching de sécurité au moyen des boutons rouges présents sur les quais. Bien entendu, l’appel aux services de secours est prioritaire dans les cas les plus graves.

Le personnel de la STIB est formé à la gestion des conflits et contacte immédiatement le dispatching sécurité en cas d’agression. Ce dernier envoie immédiatement une équipe d’agents de la STIB et avertit la police. Ces différents dispositifs ont été actionnés lors de l’agression homophobe en question. Les services de la STIB sont intervenus en moins de cinq minutes, suivis un peu plus tard par les forces de l’ordre.

Je tiens à signaler que d'autres autorités proposent des formations. Mme Ben Hamou travaille également sur une campagne de sensibilisation plus large. La Ville de Bruxelles propose par ailleurs la formation « 5 D » pour les témoins de harcèlement sexiste et la VGC organise des formations destinées aux témoins.

Réplique de Mme Leila Agic

Je trouve rassurant d'apprendre que la STIB a réagi en cinq minutes. Toutefois, nous étions alors en pleine journée, ce qui laisse ouvert le problème de l'insécurité ressentie ou vécue sur ce réseau en soirée.

Enfin, je remercie la ministre d'avoir adressé un message aux victimes de violences sur le réseau. En ce jour de Saint-Valentin, je voudrais rappeler que nous avons, tous et toutes, le droit d'aimer ou de ne pas aimer et, si on aime, d'aimer qui on veut.

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