Enquête de mobilité dans le quartier Broustin à Jette

Question d'actualité concernant une éventuelle enquête de mobilité dans le quartier Broustin à Jette.

Question d'actualité de Mme Leila Agic
à
Mme Elke Van den Brandt, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargée de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité routière

Madame la Ministre,

Au conseil communal de Jette de mercredi dernier, une motion a été déposée, demandant au collège de rendre un avis négatif sur le projet d'aménagement actuel proposé pour l'avenue Broustin, qui entérinerait la fermeture de celle-ci. Le but est de permettre aux communes de Jette et Ganshoren d'organiser, pour la première fois, une enquête toutes-boîtes demandant aux habitants s'ils sont pour ou contre la fermeture de l'avenue, ceci avant de solliciter leur avis sur le choix du mobilier ou l'installation éventuelle de la statue d'Annie CordyCet événement nous rappelle la nécessité de lutter contre l'homophobie dans notre Région, mais aussi de sensibiliser les personnes qui sont présentes lors d'agressions sexistes et sexuelles sur le réseau. Une résolution votée par le Parlement bruxellois en mars 2024 soutenait déjà l'initiative d'expliquer aux citoyens qui assistent à ce genre d'événement comment ils peuvent réagir et soutenir les victimes. Nous savons en effet que la non-réaction des personnes présentes participe aussi au traumatisme des victimes.

La seule commune à avoir organisé une consultation, c'est celle de Koekelberg, alors qu'elle n'est pas invitée à la commission de concertation. Les résultats sont clairs : sur 124 formulaires reçus et validés par la secrétaire communale, 100 habitants demandent un retour à la situation initiale, c'est-à-dire à l'ouverture de l'avenue Broustin.

Lors de la réunion du conseil communal de mercredi, la bourgmestre de Jette a répondu qu'elle demandait à la Région, seule à la manœuvre d'après elle, d'organiser la diffusion d'un toutes-boîtes pour demander l'avis de la population et des commerçants sur la fermeture de l'avenue Broustin. La commune pourrait ainsi se positionner. Toutefois, je suis inquiète, car il reste peu de temps avant que les communes ne doivent rendre leur avis sur l'enquête.

La ministre a-t-elle bien pris connaissance de la demande de la bourgmestre de Jette ? Compte-t-elle organiser, avec Bruxelles Mobilité, une enquête par le biais de toutes-boîtes dans le quartier Broustin ? Dans l'affirmative, comment les questions seront-elles formulées ? Dans quel délai cette enquête sera-t-elle organisée ?

Réponse de la Ministre

L'objectif premier du projet pour l'avenue Broustin était de simplifier et de sécuriser plusieurs carrefours dangereux comme les croisements avec l'avenue Jacques Sermon et l'avenue des Gloires Nationales - ils sont repris comme zones accidentogènes majeures dans la liste initiale de la Région -, et le croisement avec l'avenue de la Constitution. À cet effet, les deux extrémités de l’avenue Broustin ont été mises en boucle.

Il ne s'agit donc pas d’une fermeture, l’avenue restant accessible aux différents modes de transport. D'ailleurs, cette solution figurait déjà dans les anciens plans de mobilité des communes concernées. Des mesures de sécurisation temporaires ont donc été prises par la Région bruxelloise en 2022, de commun accord avec ces communes. Leur impact a été évalué par Bruxelles Mobilité en matière de mobilité et de sécurité routière. Cette évaluation était positive.

Par la suite, les communes ont pris la main pour le développement d’une solution pérenne. Une subvention régionale leur a permis de financer une étude de réaménagement accompagnée par un bureau indépendant. Après validation du projet élaboré par Ganshoren et Jette, Bruxelles Mobilité a formellement introduit la demande de permis.

À la fin de l'année 2023 et au début de l'année 2024, les communes ont mis en place un trajet participatif poussé, financé par la Région et accompagné par un bureau spécialisé, avec des toutes-boîtes distribués dans le quartier, des enquêtes, une balade exploratoire, des ateliers citoyens, etc. Nous remercions les acteurs concernés pour leur niveau d'ambition et d'implication.

Urban.brussels et les communes ont ensuite organisé une enquête publique, comme il se doit. Bruxelles Mobilité ne joue pas de rôle dans l'organisation de la procédure d'enquête publique. Celleci a donné lieu à 367 réactions officielles et urban.brussels a annoncé en commission de concertation que les deux tiers des réactions étaient globalement favorables au projet. Bruxelles Mobilité ne fait pas partie de la commission de concertation, mais bien d'autres instances régionales et les communes. Cette commission n'a pas encore remis d'avis.

Urban.brussels a donc appliqué le cadre régional prévu pour ce genre de projet et la procédure s'est déroulée, jusqu'à présent, avec le soutien des différentes communes concernées. Ce n'est pas le rôle de Bruxelles Mobilité de décider si des actes d'instruction supplémentaires sont encore nécessaires. Urban.brussels est à la manœuvre et la commune de Jette pourra mettre ses demandes sur la table via la commission de concertation.

La ministre Van den Brandt se tient à la disposition de la commune de Jette et des autres communes pour toute discussion ou échange d'informations.

Réplique de Mme Leila Agic

Je n'ai jamais obtenu si peu de réponses à une question parlementaire. Vous m'avez réexpliqué tout le projet, que je connais fort bien, mais je ne sais toujours pas si la Région a reçu une demande de la bourgmestre de Jette, ni s'il y sera répondu.

Je suis scandalisée et je reste sans voix. Je ne sais que faire ni penser de ce qui a été dit.

La seule explication possible est qu'une coalition met tout en œuvre pour que le délai fixé pour l'enquête soit dépassé et que ce désastre ne puisse plus être évité.

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