Mort tragique d’un enfant de 11 ans à Ganshoren
Question d'actualité concernant la mort tragique d’un enfant de 11 ans à Ganshoren.
Question d'actualité de Mme Leila Agic
à Mme Valérie Lescrenier, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, de la Jeunesse, de l’Aide à la jeunesse et des Maisons de justice
Madame la Ministre,
Lundi, à 17h50, Fabian, un enfant de 11 ans, a été tué, percuté par une voiture de police qui le poursuivait dans un parc parce qu’il roulait en trottinette électrique. Il devait passer son certificat d'études de base (CEB) quelques jours plus tard. Mes pensées vont aujourd’hui à sa famille, à ses parents dont on ne peut imaginer la peine, à ses proches et à toutes les personnes qui ont été bouleversés par ce drame, dans le quartier et bien au-delà. Rien ne peut justifier la mort de Fabian, pas plus que la disproportion de la méthode utilisée par la police ce jour-là.
Comme le rappelait ce matin le délégué général aux droits de l'enfant (DGDE) à la radio, cet événement tragique s’ajoute à une série d’autres faits qui vont quotidiennement à l’encontre des droits de l’enfant et des jeunes et, plus particulièrement, de ceux issus de la diversité. Au sein du groupe PS, nous nous inquiétons vraiment de voir à quel point un discours politique ambiant déshumanise totalement cette jeunesse qui a le droit d’être vulnérable. Au lieu de pointer du doigt une jeunesse irrespectueuse, il est urgent de retisser du lien, de rétablir la confiance entre la jeunesse et les forces de l’ordre pour ne pas creuser davantage ce fossé dangereux pour notre démocratie. Cela passe par le respect de ces jeunes, mais il faut aussi travailler avec des acteurs de terrain dépendant de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Madame la Ministre, au nom du gouvernement, condamnez-vous fermement le drame qui a conduit à la mort de Fabian? Plaiderez-vous auprès du gouvernement fédéral pour qu’il prenne les mesures systémiques nécessaires pour éviter que d’autres drames de ce type ne se reproduisent? Enfin, le DGDE parlait ce matin de l’importance d’avoir un «réflexe des droits de l’enfant» lors de la mise en œuvre de chaque politique publique. Comment votre gouvernement s’assurera-t-il que ce principe est bien appliqué en Fédération WallonieBruxelles?
Réponse de la Ministre
Le premier élément à souligner par rapport à la situation qui nous occupe est effectivement la compassion que nous éprouvons à l’égard de la famille de la victime, de ses camarades de classe et de tout son entourage.
Le dossier est à l’instruction et il appartient maintenant au Comité P de mener l’enquête. À ce stade, je n’ai pas à formuler d’autres commentaires à ce sujet.
Dans toutes mes politiques, je m’engage à ce que les droits de l’enfant soient toujours respectés et placés au cœur de mes actions. L’élaboration du prochain Plan d'actions relatif aux droits de l'enfant (PADE) est d’ailleurs en cours. Le PADE sera présenté au Parlement au cours de l’été à venir. Il aura notamment pour objectif de sensibiliser l’ensemble de la société à l’intérêt supérieur de l’enfant. Chaque acteur, chaque institution et chaque citoyen doit prendre cet élément en considération. Le PADE inclura donc un important volet relatif à la sensibilisation et à la formation des professionnels et des acteurs publics à cette thématique.
Parmi les services de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui ont été mobilisés à la suite de la mort de Fabian, le service d’aide aux victimes des maisons de justice accompagne évidemment la famille et les proches de la victime. La ministre Glatigny, quant à elle, a sollicité la coordination des équipes mobiles de son secteur pour assurer un encadrement des étudiants et des professeurs au niveau scolaire.
Réplique de Mme Leila Agic
Il est important de parler de ce qui est arrivé à Fabian au sein de ce Parlement. Cet enfant fréquentait nos écoles et sa vie tournait autour d’organisations gérées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Hier, les personnes présentes à l’occasion de la veillée organisée en sa mémoire nous ont demandé de faire entendre la voix des parents dans nos assemblées.
Madame la Ministre, vous voulez mettre l’intérêt supérieur de l’enfant au centre du futur PADE. Toutefois, cela fait 48 heures que je cherche en vain à trouver une once de raison qui justifierait la poursuite d’un enfant sur la pelouse d’un parc, en SUV, alors que des centaines d’autres enfants fréquentent ce parc. Si nous ne pouvons pas nous prononcer sur l’enquête du Comité P, nous sommes toutes et tous d’accord pour dire que de telles courses-poursuites ne devraient pas avoir lieu.