Lutte contre les discriminations dans la formation continue des enseignants
De Leila Agic
à Valérie GLATIGNY, Ministre de la Fédération Wallonie Bruxelles en charge de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale.
Madame la Ministre,
Le climat scolaire est de plus en plus traversé par des tensions liées à la montée des discriminations et des discours de haine. Ces dernières années, nous assistons à une résurgence préoccupante de l’antisémitisme, de l’islamophobie, mais aussi du racisme, du sexisme, des LGBTQIA+phobies et d'autres formes de rejet. L’école, en tant que lieu central de socialisation, n’est évidemment pas imperméable à ces dynamiques.
Or, si le Baromètre de la diversité dans l’enseignement réalisé par Unia en 2018 a montré que les enseignants se sentent engagés à réduire les inégalités dans l’enseignement, ils manquent surtout d’outils pour appréhender les publics hétérogènes d’élèves. Ils manquent de formations spécifiques pour déconstruire les stéréotypes, accompagner les élèves confrontés à des violences racistes et enseigner les mécanismes historiques et sociaux qui les sous-tendent. Sans outils adaptés, il leur est difficile d’agir avec justesse et confiance.
Les enseignants peuvent eux-mêmes être porteurs de stéréotypes, souvent de manière inconsciente. Sans formation adaptée, il leur est difficile d’identifier ces biais et d’ajuster leur posture professionnelle.
Pourtant, certaines initiatives existent. Des formations, comme celles proposées par le CEJI sur l’antisémitisme et l’islamophobie, sont plébiscitées par les enseignants. Il s’agit de formations officielles reconnues dans le cadre de l’IFPC, organisées avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces modules rencontrent un grand succès mais restent limités en nombre. La demande dépasse largement l’offre et l’accès à ces formations demeure inégal.
Dans ce contexte, je souhaiterais vous poser les questions suivantes :
1. Quel est le nombre de formations en cours de carrière actuellement proposées aux enseignants sur l’histoire et les différentes formes de discriminations ?
2. Parmi ces formations, quelle part abordent de manière spécifique l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, les LGBTQIA+phobies et le sexisme ?
3. Ces formations sont-elles obligatoires, recommandées ou laissées au libre choix des enseignants ?
4. Des mesures seront-elles mises en place pour augmenter l’offre de formations en la matière, en lien avec les associations existantes comme le CEJI, pour répondre à la demande croissante du terrain ?
5. Face à l’ampleur des discriminations constatées dans les établissements scolaires, quel est votre plan d’action global pour renforcer, à court et moyen termes, les capacités du système éducatif à y répondre efficacement ?
6. Enfin, comment appréhendez-vous la piste d’une stratégie globale de lutte contre les discriminations à l’école, intégrant à la fois les aspects pédagogiques, institutionnels et relationnels ?
Je vous remercie d’avance pour les éléments de réponses.
Réponse de la ministre
La réponse sera poster prochainement