Soutenir et accompagner les cibles de cyberviolences à Bruxelles.

Jeunes femmes, journalistes, scientifiques ou militantes, les femmes sont les premières victimes de violences en ligne. Selon la commission Jeunesse du Conseil des femmes francophones de Belgique, 90% des victimes de cyberviolences sont des femmes.

A quelques jours du 8 mars, ce constat nous pousse avec que la majorité bruxelloise (PS, Ecolo, DéFI, Groen, Open VLD et one.brussels) de déposer à mon initiative une proposition de résolution visant à lutter contre les cyberviolences.

Nous souhaitons soutenir et accompagner les cibles des cyberviolences car elles ne sont que la continuité de violences déjà vécues dans le reste de la société et leurs conséquences sont bien réelles. C’est particulièrement le cas pour les groupes déjà marginalisés tels que les personnes racisées ou issues de la communauté LGBTQI+.

Il est donc essentiel de fournir une information de qualité aux cibles de cyberviolences en formant les agent.e.s de contact, en proposant un guichet virtuel mais aussi un guichet physique pluridisciplinaire qui pourra offrir un suivi complet aux cibles de cyberviolences et leur permettre de dénoncer plus facilement les faits si elles ne souhaitent.

La proposition prévoit également un soutien spécialisé dans les zones de police ainsi qu’une assistance pour constituer un dossier de plainte via une application.

Une campagne d’information et de sensibilisation, notamment à travers le système éducatif, est également essentielle puisque les adolescent.e.s sont plus vulnérables et sont les cibles privilégiées de ces attaques. Il est, par ailleurs, impératif de faire connaitre aux victimes leurs droits tout comme les outils et structures d’aides mises à leur disposition.

Avec l’ensemble de la majorité bruxelloise, nous souhaitons de cette manière, lutter contre les cyberviolences. Notre volonté est d’informer et de sensibiliser sur ce fléau, d’aider les victimes d’agressions virtuelles et de tout mettre en œuvre pour offrir un cyberespace sécurisé aux Bruxelloi.se.s.

L'ensemble des demande de la proposition de résolution contre les cyberviolences :

La proposition de résolution demande au Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale

● De mieux appréhender l’ampleur du phénomène chez les bruxellois.es afin de lutter plus efficacement contre les violences dans l’environnement numérique ;

1° En soutenant une méthode de récolte de données pertinentes pour documenter le phénomène ;

2°En commanditant la réalisation d’une étude sur les violences faites aux femmes et jeunes filles dans l’environnement numérique et l’utilisation des dispositifs légaux existants pour lutter contre ces violences ;

Développer des campagnes de sensibilisation et d’information, à destination des victimes potentielles ou avérées, des témoins, des victimes, des auteurs et des potentiels auteurs, y compris sur les réseaux sociaux et les plateformes émergentes. Ces campagnes doivent pouvoir se décliner sur les différentes formes de cyberviolences ;

● D’inclure les violences dans les environnements numériques dans les campagnes, outils et formations relatifs à la lutte contre les violences faites aux femmes ;

● De soutenir le développement de mécanismes efficaces et actions menées par des associations en lien avec l’orientation des victimes de violences dans les environnements numériques ainsi que la création d’outils appropriés;

De renforcer le financement des associations de terrain luttant contre les cyberviolences ;

● De prévoir des appels à projets spécifiques sur la question des cyberviolences et prévoir des soutiens structurels (via un système d’agréments et financement à plus long terme) aux associations qui luttent contre les cyberviolences et violences en général ;

De mettre en place un guichet virtuel permettant aux victimes de cyberviolences d’avoir accès aux informations et au soutien nécessaire afin de permettre le dépôt de plainte ;

● De soutenir la mise en place d’une application ainsi que d’un guichet virtuel destiné aux victimes de cyberviolences quelles qu’elles soient, leur permettant de signaler leur situation et de constituer un dossier de preuves depuis leur smartphone ;

De soutenir la mise en place de guichets physiques pluridisciplinaire permettant aux victimes de cyberviolences d’avoir un accès aux informations et au soutien nécessaire afin de permettre le dépôt de plainte ;

Instaurer un travail avec les centres de planning familial afin de penser à un système efficace de prise en charge, d’aide et de créations d’outils appropriés pour les victimes ;

De sensibiliser les zones de polices sur les questions de cyberviolences ;

● Développer un module spécifique aux cyberviolences dans les formations à destination des policier.e.s et des services d’aides aux victimes via BPS et étudier la possibilité d’avoir des référent.e.s sur ces violences par zone de Police ;

D’inclure dans la formation cyberviolences dans la formation du.de la référent.e plainte dans les commissariats ;

● De mettre en place des incitants destinés aux policier.e.s souhaitant suivre des formations sur les cyberviolences ;

● De prévoir une plus grande collaboration entre les différents niveaux de pouvoirs quant aux cyberviolences notamment via la mise en place d’une plateforme commune, dans le but d’obtenir une meilleure formation, information et coordination des acteurs de proximité : centre d’accueil, police, justice, psychologues, assistants sociaux, Centres PMS, etc. ;

De plaider au sein de la conférence interministérielle la mise en place de vraies orientations et réflexions globales, inclusives et concrètes sur les cyberviolences.

● Soutenir les collaborations entre les organismes régionaux qui luttent contre les discriminations et les plateformes sociales afin par exemple, de faire entrer equal.brussels dans liste des Trusted Flags de Facebook et faciliter le signalement de contenus ;

● Prendre en compte les répercussions possibles en termes de cyberviolences des outils numériques développés et utilisés par la Région, que cela soit pour des utilisations internes aux administrations que pour les outils à destination des citoyen.ne.s.

Demande au Gouvernement fédéral du Royaume de Belgique :

● De favoriser l’orientation de la conférence interministérielle sur les points suivants :

- L’adaptation de la loi genre rendant son utilisation plus accessible, mais aussi y inclure une attention particulière sur le cyberharcèlement ;

- De tout mettre en œuvre pour faire connaitre toutes les dispositions législatives permettant de lutter contre les cyberviolences, notamment la dernière loi appliquée sur le « revenge porn » ;

- Permettre aux dispositions législatives d’exister pleinement et avoir une application concrète et efficace au plus vite, en mettant en place la création de campagnes d’informations et de sensibilisations régionales destinées au grand public et information aussi bien sur le contenu desdites lois que sur leur importance.