Sécurisation de l’arrêt de bus Simonis, présence de chantiers inachevés le long de l'avenue de Jette
À Madame Elke Van den Brandt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la mobilité, des travaux publics et de la sécurité routière
Question orale
Au début du mois d'octobre, personne n’a pu ignorer cette photo bien belge d’un parterre de fleurs aménagé en plein milieu d’une piste cyclable à Koekelberg. Même si cette information a pu en faire sourire plus d’un, ce ne fut pas le cas des autorités communales de Koekelberg. Le bourgmestre a d'ailleurs dénoncé publiquement le manque de rigueur dans l'exécution des travaux par Bruxelles Mobilité, mais aussi le manque de communication avec la commune lors de la réalisation de ces travaux.
Pour comprendre l’importance des travaux réalisés sur l’avenue de Jette, il faut revenir à mars 2019. Cette année-là, un terrible drame est survenu lorsqu’une Bruxelloise a perdu la vie après avoir été percutée par un véhicule alors qu'elle traversait sur le passage pour piétons. Depuis lors, le quartier n’a cessé de se mobiliser afin que cet axe régional soit sécurisé.
Aujourd’hui, nous saluons la mise en place des coussins berlinois nécessaires à la sécurisation de cet axe. Cependant, le long de la partie de l'avenue de Jette se situant sur la commune de Koekelberg, à savoir entre le rond-point coupant l'avenue Broustin et l'intersection avec l'avenue des Gloires Nationales, nous constatons la présence de nombreux aménagements et chantiers inachevés. Ces aménagements qualifiés par Bruxelles Mobilité de « temporaires » et de « pas optimaux pour les cyclistes » constituent indéniablement un danger pour les cyclistes, alors que l’objectif initial était justement de protéger ces derniers.
Par ailleurs, nous nous souvenons tous de ce bus 87 qui a dérapé sur le trottoir, au début de cette année, quelques centaines de mètres plus loin seulement, faisant trois victimes, dont deux piétons grièvement blessés. L’absence persistante de sécurisation de cet arrêt de bus situé à la sortie de la station de métro Simonis représente un risque pour les nombreux usagers qui y patientent quotidiennement. Malheureusement, là aussi, la commune de Koekelberg est toujours dans l’attente de propositions d’aménagements garantissant la sécurité des piétons et des usagers des transports publics.
Au vu de ces faits et de l’importance accordée à la sécurité de nos habitants sur la voie publique, je voudrais vous poser les questions suivantes.
Concernant les travaux le long de la voirie régionale, que prévoit Bruxelles Mobilité pour rectifier les manquements du chantier en question ? Qu’est-il prévu pour ces chantiers inachevés ? Y a-t-il eu une prise en considération des risques présents pour les cyclistes ?
Pourquoi des poteaux n’ont-ils pas été privilégiés pour assurer le respect des coussins berlinois et préserver ainsi la sécurité et l'accessibilité de la piste cyclable ?
Des leçons ont-elles été tirées de l’accident du 3 janvier dernier à l'arrêt de bus Simonis ? Dans l'affirmative, quelles sont-elles ? Dans ce cadre, des aménagements ont-ils été prévus en vue de sécuriser l’arrêt de bus ? Si oui, dans quels délais seront-ils mis en place ?
Une concertation est-elle prévue avec le quartier et la commune de Koekelberg pour répondre au défi de la réduction de la vitesse tout autour du parc Élisabeth, y compris du côté de l'avenue du Panthéon ?
Réponse de la Ministre
Votre question soulève différents aspects qu'il s'agit de bien séparer. Outre les alentours du parc Élisabeth, situé à Koekelberg, elle concerne également les territoires de Jette et de Ganshoren.
Concernant l’avenue de Jette, la photo qui a circulé fixait une situation transitoire qui n'a duré que quelques jours, le temps que les travaux soient finalisés et le marquage existant adapté. L’aménagement permettant de sécuriser les cyclistes et de diminuer la vitesse comprend la pose de coussins berlinois, la mise en place d’avancées de trottoirs, l'installation de réflecteurs et l’adaptation du marquage de la piste cyclable, notamment entre les numéros 57 et 59 afin de contourner le bac à plantations installé pour indiquer une séparation aux endroits essentiels.
Les plantations dans les fosses commenceront dès que possible, c'est-à-dire lorsque les conditions météorologiques seront favorables. Les potelets ne sont pas indispensables étant donné le placement de l’îlot de végétalisation, qui fait office de séparation. J'invite donc les usagers à prendre des photos de la situation actuelle.
Quant à l'endroit où s'est produit un accident mortel en 2019, il avait déjà été adapté temporairement. La pose de potelets concourt à une adaptation définitive. Des bacs à plantations, mais aussi de nombreux potelets, jalonnent les alentours du carrefour.
Comme il est de coutume dans le cadre de l'analyse menée par Bruxelles Mobilité en cas d'accident grave, une réunion s'est tenue sur les lieux du terrible accident du 3 janvier 2022. Celle-ci réunissait des représentants de Bruxelles Mobilité, de la commune de Koekelberg, de la police et de la STIB. Tous ont conclu, à l'unanimité, que la pose de poteaux, bollards ou barrières ne se justifiait pas à cet endroit. En effet, le chauffeur a commis une grave erreur de conduite, menant le véhicule sur le quai. Il s’agit donc, malheureusement, d’une erreur humaine, non liée à l’infrastructure. Le chauffeur a d’ailleurs été licencié. Un marquage a néanmoins été réalisé sur la voirie, afin de mieux identifier l’entrée dans le site depuis le rond-point.
Des réflexions sont actuellement en cours, dans le cadre du contrat de rénovation urbaine 6, quant au réaménagement du pôle Simonis/Elisabeth et du boulevard Léopold II. Une étude de faisabilité, menée par Beliris, devrait permettre :
- d'analyser la restructuration, notamment la relocalisation et la rationalisation des entrées, pavillons et escaliers compris, des accès à la station de métro Simonis et des voies de la SNCB ;
- de définir les grands principes réaménagement des deux placettes Simonis, situées de part et d’autre du boulevard Léopold II, en ce compris la définition architecturale des entrées et des pavillons, le réaménagement des squares et rues adjacentes, les connexions avec les voies de la ligne 28, notamment avec la création de belvédères, et l’implantation des connexions vers la cyclostrade C28 ;
- d'analyser et de chiffrer les conséquences sur les réaménagements nécessaires en sous-sol au niveau des stations de métro Simonis, notamment l'aménagement physique des correspondances et l'implantation des ascenseurs ;
- d'analyser l’intégration des accès de la SNCB dans le projet.
Parallèlement, Bruxelles Mobilité va lancer une étude pour le réaménagement du boulevard Léopold II, surtout des deux voies latérales. Ces deux projets permettront d’assurer la sécurité du carrefour.
Par ailleurs, nous avons réduit la vitesse de 50 à 30 km/h des deux côtés du parc Élisabeth. Ces deux axes étant assez longs et larges, il est important de mettre des dispositifs en place. Du côté de l'avenue des Gloires Nationales, un carrefour a déjà été adapté après le réasphaltage et des travaux de Vivaqua. Des coussins berlinois ont été installés, mais il faut aussi des dispositifs ralentisseurs de l'autre côté.
Plusieurs chantiers sont encore prévus dans le quartier. Du côté de l'avenue des Gloires Nationales, seule la moitié de la rue a été concernée par les travaux de Vivaqua l'été dernier. La deuxième partie sera réalisée durant l'été prochain. Des dispositifs ralentisseurs seront également ajoutés sur cet axe.
Du côté de l'avenue du Panthéon, le réaménagement de l'arrêt Besme était prévu. Ce beau projet, concerté avec la commune, impliquait toutefois d'abattre de nombreux arbres. En concertation avec la commune, nous avons dès lors adapté le projet. J'attends depuis longtemps que la STIB mette en œuvre ce projet adapté, sans l'abattage des arbres. J'en rappellerai encore l'urgence, que je pense partager avec la commune et l'échevine de la mobilité.