Appel à projets 2025 relatif à la lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales

De Leila Agic

à Yves Coppieters, ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l'Égalitédes chances

La pauvreté reste l’un des défis majeurs de notre société. En Fédération Wallonie-Bruxelles, les enfants en sont les premières victimes. Aujourd’hui, un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. Dans certains quartiers et territoires fragilisés, cette proportion est encore plus élevée, pou- vant atteindre 40 %. La pauvreté touche de plus en plus de familles, de jeunes, de femmes isolées, de personnes migrantes ou de personnes en situation de handicap, avec des conséquences profondes sur leur santé, leur accès à l’éducation, à la culture, à un logement digne et, plus globalement, sur leur sentiment d’appartenance à notre société. Près d’un enfant sur trois grandit dans un ménage sans emploi et près d’un sur cinq vit dans un logement inadéquat. Ces con- ditions ont une incidence directe sur leur santé, leur réussite scolaire, leur bien- être psychologique et leurs perspectives d’avenir.

La lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales demeure l’un des enjeux les plus pressants de notre société. Face à cette réalité, les associations de terrain jouent un rôle crucial. Elles sont souvent le premier  parfois le seul filet de sécurité pour celles et ceux qui n’ont plus confiance dans les institutions ou qui n’ont tout simplement plus les moyens de se faire entendre. En soutenant et en renforçant les associations, nous consolidons notre tissu social et luttons concrètement contre l’exclusion.

Dans ce contexte, les politiques publiques de lutte contre la pauvreté jouent un rôle fondamental: elles répondent aux urgences sociales tout en agissant sur les causes structurelles des inégalités. Dans ce cadre, l’ordre du jour de la séance du gouvernement du 11 avril a fait état du lancement de l’appel à projets 2025 relatif à la lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales en Fédération Wallonie-Bruxelles. Bien entendu, nous saluons cette initiative.

Monsieur le Ministre, au-delà du principe, les modalités concrètes de cet appel à projets sont déterminantes. Pour garantir que celui-ci réponde réellement aux besoins du terrain et donne aux associations les moyens de développer des projets stables, efficaces et à fort impact social, il est essentiel de disposer d’une vision claire des priorités, des moyens et du calendrier.

Quels priorités et axes d’action sont-ils retenus dans le cadre de cet appel à projets 2025 ? Une attention particulière sera-t-elle portée à certains publics cibles ou territoires plus exposés à la précarité? Quel budget global consacrez-vous à cet appel à projets ? Augmente-t-il par rapport aux années précédentes, compte tenu de l’aggravation des inégalités sociales ?

Quand les associations pourront-elles introduire leur dossier et dans quels délais les réponses leur seront-elles données ? Quels critères de sélection avez-vous choisis et quelles garanties d’accompagnement seront-elles proposées aux porteurs de projets ? 

Enfin, comment le gouvernement entend-il évaluer les retombées concrètes des projets financés et assurer, pour ceux qui démontrent leur utilité, une forme de continuité ou de pérennisation ?

Réponse du ministre

Madame la Députée, l’appel à projets 2025 relatif à la lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales soutient le développement de projets dans les compétences et sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les projets doivent répondre à l’objet du décret du 3 mai 2019 relatif à la lutte contre la pauvreté et à la réduction des inégalités sociales, et s’inscrire dans un axe du Plan quinquennal de lutte contre la pauvreté, la pauvreté infantile et pour la réduction des inégalités sociales, approuvé par le gouvernement de notre Fédération pour la législature 2020-2025.

En outre, lors du processus de sélection, une attention particulière sera accordée cette année aux projets s’adressant aux familles monoparentales en situation de pauvreté, c’est-à-dire soit aux parents solos vulnérables, soit aux enfants issus de familles monoparentales vulnérables, soit encore aux familles monoparen- tales vulnérables dans leur globalité.

Le budget alloué à l’appel à projets est de 650 000 euros. Le montant des sub- ventions octroyées à chaque projet est fixé entre 10 000 et 50 000 euros. L’appel à projets s’ouvrira le 28 avril 2025 et se clôturera le 10 juin 2025 à 12 heures. Les réponses seront communiquées aux porteurs de projets dans le courant du dernier trimestre 2025. Le gouvernement désignera les projets sélectionnés et déterminera les montants alloués à chaque projet retenu sur avis du Conseil de lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales. La sélection des projets s’effectuera sur la base des critères de sélection prédéfinis. La Cellule de la lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles est chargée de l’organisation de l’appel à projets et du suivi des projets sélectionnés. Un accompagnement des projets dans le cadre de l’appel à projets annuel n’est donc pas prévu. Toutefois, la Cellule reste disponible pour les porteurs de projets, afin d’assurer la réussite de leur projet. C’est également cette cellule qui analysera les rapports d’activités obligatoirement remis par les opérateurs à l’issue de leur subvention.

Enfin, le décret du 3 mai 2019 prévoit bien un appel à projets annuel. Une réflexion sera cependant menée avec la Cellule sur la possibilité d’envisager de lancer des projets pour une durée de deux ans, afin d’assurer une pérennisation de l’ensemble de ces projets.

Réplique de Mme Agic

Monsieur le Ministre, je vous remercie pour ces éclaircissements. Il est important d’aider les familles monoparentales, ce pour quoi nous vous soutenons totalement. Merci aussi pour les informations concernant les délais. Vous devez vous diriger vers une vision plus structurelle du soutien aux associations, afin de leur donner l’occasion de travailler sur des projets à plus long terme et afin de leur éviter de consacrer énormément de temps à répondre à des appels à projets, au lieu de réaliser des actions de terrain et d’être disponibles pour leurs bénéficiaires. J’espère que vous concrétiserez cette volonté dans les années à venir. Je reviendrai vers vous au début de l’année prochaine pour connaître les projets sélectionnés et le résultat de l’appel à projets.