Education aux droits des femmes

De Leila Agic,

à Yves Coppieters, ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances

Question orale

Les droits des femmes font l’objet de virulentes attaques de l’autre côté de l’Atlantique. La nouvelle arrivée au pouvoir de Donald Trump, soutenu par les géants du numérique, rappelle que ces droits ne sont jamais acquis et doivent continuer à faire l’objet de notre vigilance et d’un engagement sans faille pour leur défense.

Du droit à l’avortement au plafond de verre en passant par la précarité menstruelle ou encore les familles monoparentales, les problématiques mettant en avant la vulnérabilité des femmes sont nombreuses. Elles nécessitent d’être appréhendées de manière transversale et spécifique, dans le cadre d’un débat contextualisé, éclairé et pédagogique.

L’éducation continue aux droits des femmes constitue, pour le groupe PS, un élément indispensable dans le développement et les apprentissages des futurs citoyennes et citoyens. Cela passe a minima par des campagnes de sensibilisation et d’information visant à éveiller les consciences face à des questions auxquelles nous sommes inévitablement presque toutes et tous confrontés. Il s’agit aussi de renforcer la visibilité des inégalités liées au genre dans les différents secteurs de notre société et auprès des différents publics.

Le précédent gouvernement avait entamé d’importants travaux en ce sens, en actionnant les leviers présents dans presque toutes les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à commencer par l’éducation. Au vu des développements récents du débat sur l’égalité entre les femmes et les hommes, il est essentiel de refaire un point à ce sujet.

Monsieur le Ministre, quels sont les défis majeurs, au sein des différents secteurs relevant des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans le domaine de l’égalité des genres ? Quelle est la place actuellement réservée à l’éducation aux droits des femmes dans les domaines du sport, de l’éducation et de la culture ? Quelles formations sont-elles offertes à la fois aux professionnels qui y opèrent ainsi qu’à leurs publics cibles ? Considérez-vous qu’un renforcement de l’éducation aux droits des femmes est nécessaire? Le cas échéant, quelles actions entreprendrez-vous à cet effet ?

Réponse du ministre

L’éducation aux droits des femmes est une priorité essentielle de mon mandat, et cela se reflète dans les actions menées par l’administration. Le Plan «Droits des femmes» 2020-2024 comprenait plusieurs mesures dans le domaine de l’éducation, du sport, de la culture et des médias, visant à promouvoir l’égalité et à lutter contre les stéréotypes sexistes.

Dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, les référentiels du tronc commun ont intégré des attendus pédagogiques sur les droits des femmes, les principes d’égalité et l’apport des mouvements féministes. L’accord de coopération d’exécution entre la Communauté française, la Région wallonne et la Commission communautaire française du 7 juillet 2023, relatif à l’adoption d’un outil de soutien à la généralisation de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS), a permis la généralisation de l’EVRAS dans les secteurs de l’enseignement, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse.

Cet accord met l’accent sur l’égalité, le consentement et la prévention des violences dans les relations intimes. Le module de formation en ligne «Filles-garçons: une même école ?» a été développé pour aider les enseignants à détecter et combattre les stéréotypes sexistes dans les milieux scolaires. L’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), sous l’impulsion de la Commission «Genre» en enseignement supérieur (CoGES), a proposé d’élargir le réseau des personnes de contact «Genre» (PCG) à l’ensemble de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans le domaine du sport, des formations ont été dispensées durant l’année 2023-2024, en collaboration avec l’ADEPS, Yapaka et Défense des enfants international (DEI), pour prévenir la violence dans le sport. Ces formations ont concerné jusqu’à 900 personnes, incluant des coaches, animateurs, arbitres et futurs professeurs d’éducation physique.

Dans le domaine de la culture et des médias, un cycle de conférences en ligne a été organisé pour sensibiliser les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel aux questions de la diversité, notamment des droits des femmes. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a lancé un guide pratique et une formation pour lutter contre les publicités sexistes, hypersexualisées et fondées sur des stéréotypes de genre.

En outre, de manière plus transversale, les formations sur l’intégration de la dimension de genre dans les politiques et budgets publics ont été dispensées aux agents du ministère, en collaboration avec la Cellule d’appui en genre (CAG) Entre 2020 et 2024, près de 200 personnes issues des cabinets et des administrations ont suivi ces formations, dont le déploiement se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2025.

Un nouveau plan est par ailleurs en cours d’élaboration: le 23 janvier dernier, le dispositif féministe Alter Égales a été invité à remplir un formulaire pour identifier les besoins et les problématiques à traiter. Ce matin même, une réunion a eu lieu avec mes conseillers et avec l’administration pour préparer les futures actions dudit plan. La mise en œuvre de ces mesures montre un engagement fort en faveur de l’éducation aux droits des femmes dans divers secteurs. La continuité de ces actions doit se planifier dans le plan 2025-2029 qui, je l’espère, permettra de nettement renforcer l’égalité entre les sexes et prévenir les discriminations et les violences de genre.

Réplique de Mme Agic

Monsieur le Ministre, j’ai hâte que le plan et le renforcement dont vous parlez soient mis en œuvre.

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