Quelles économies supplémentaires allez-vous faire peser sur vos secteurs ?

De Leila Agic

à Yves Coppieters, ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l'Égalité des chances.

Monsieur le Ministre, il y a trois semaines, le gouverne- ment laissait entendre qu’un accord avait abouti lors de son conclave en vue de l’ajustement budgétaire 2025. Ensuite, la presse nous a appris la semaine dernière qu’aucun accord global, ferme et définitif n’existait à ce stade. Pourtant, la plu- part des décisions semblent être définitives.

Or, à ce jour, aucune communication officielle n’a été faite à notre Assemblée et à vos secteurs qui travaillent dans un climat d’incertitude généralisée. De plus, la ministre-présidente a insisté sur le fait que les économies seraient douloureuses et qu’aucun secteur ne serait épargné. Certaines mesures d’économies seraient re- portées à 2026, mais plusieurs arbitrages sembleraient manifestement déjà actés pour 2025, et ce, dans une opacité totale, ce qui empêche tout débat démocratique et toute adaptation de la part des opérateurs de terrain.

Quelles politiques au sein de vos compétences sont-elles concernées par des ajustements ? Plus particulièrement, quels moyens ont-ils été dégagés pour des poli- tiques nouvelles ? Pour quel montant et pour quelles mesures ? Envisagez-vous de revenir sur certaines coupes initialement décidées? Ou, au contraire, prévoyez- vous des économies supplémentaires ou des réorientations budgétaires ? Si oui, pour quels montants? Quelle est la nature des mesures d’économies? Les opérateurs sous votre tutelle ont-ils été informés des éventuelles modifications qui les concernent ?

Quelles pistes d’économies sont-elles prévues pour 2026 et pour les années qui suivent ? Quelles promesses de la Déclaration de politique communautaire (DPC) sont-elles remises en cause au sein de vos compétences ? Les secteurs ont droit à de la transparence; ils doivent pouvoir se projeter.

Réponse du ministre

J’imagine que c’est une question que vous posez dans toutes les com- missions, Madame la Députée. Vous serez déçue par ma réponse qui sera très courte. Comme prévu dans la DPC, le gouvernement s’engage à réaliser des éco- nomies afin de faire face au déficit budgétaire important que connaît notre entité. Cet effort d’assainissement budgétaire s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle visant à garantir la viabilité financière à long terme. La ministre Lescrenier l’a rappelé dans plusieurs de ses réponses.

Concernant l’ajustement budgétaire 2025, les modifications actuellement envisa- gées relèvent essentiellement d’ajustements techniques pour ce qui concerne mes matières. Je voudrais vous rappeler que je dispose de moins de 1 % du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour assurer l’ensemble de mes compétences. Je suis toutefois persuadé que, même avec peu de moyens financiers, je peux faire beaucoup. C’est pour cette raison que je suis devant vous et que je me battrai durant toute la législature.

Cependant, rassurez-vous: aucune coupe budgétaire n’a été décidée dans le champ de mes compétences. Les discussions détaillées sur les mesures précises auront lieu lors des débats parlementaires à venir sur l’ajustement budgétaire. C’est là que vous disposerez de l’ensemble des détails. C’est à cette occasion que la transpa- rence sera assurée et que les opérateurs de terrain, pour toutes les compétences, obtiendront des informations claires et précises.

Enfin, en ce qui concerne le budget initial 2026, il est bien trop tôt pour fournir des informations précises, même si, sur mes compétences, il n’y a pas beaucoup d’économies à faire. Je me battrai pour maintenir mes budgets et, surtout, pour être ambitieux dans mes actions. Les orientations budgétaires pour le budget ini- tial 2026 seront donc définies ultérieurement dans le cadre des processus législatifs et budgétaires habituels.

Réplique de Mme Agic

Monsieur le Ministre, ce n’est pas parce que votre budget représente moins de 1 % du budget global de la Fédération Wallonie-Bruxelles qu’il n’est pas important: ces montants restent vitaux pour un bon nombre d’associations dont le travail peut s’avérer très important pour la vie quotidienne de nombreuses personnes.

Effectivement, la ministre-présidente a évoqué les grandes masses financières réservées à chaque ministère, mais elle n’a rien spécifié pour votre secteur. Vous dites que c’est parce que votre budget reste inchangé.

En revanche, ne donnez pas l’impression que nous ne sommes pas en droit de nous poser des questions! Nous savons que certains membres de votre majorité passent leurs journées à communiquer, même sur des détails infimes, et s’attaquent à vos compétences, aujourd’hui éminemment symboliques dans l’actualité politique. Cela soulève des questions dans notre chef !

Un montant de 10 000 ou 100 000 euros peut paraître anecdotique. Cependant, pour certaines associations, il influe grandement sur le travail quotidien. En tant que représentante politique, je trouve dès lors tout à fait légitime de m’interroger sur l’impact de l’ajustement budgétaire sur vos compétences.