Les vélos prêtés en leasing pour les Bruxelloises et Bruxellois en situation de précarité.
de Leila Agic
à Elke Van den Brandt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la mobilité, des travaux publics et de la sécurité routière.
Question orale
En cette mi-décembre, le gouvernement bruxellois a approuvé le plan de « leasing social de vélos ». Ce plan a pour objectif de permettre aux Bruxellois.es les plus précarisé.e.s de bénéfécier d’un vélo de seconde main à moindres frais et cela dans le cadre du plan de relance « post-Covid ».
Ce projet a été lancé par trois associations de cyclistes de la capitale. Il s’agit de Cyclo, Pro Vélos et les Ateliers de la rue Voot qui auraient pour projet de remettre 400 vélos de seconde main à neuf et de les équiper d’antivols et d’un éclairage adéquat.
Ensuite, ces vélos seront mis à dispositions des organismes bruxellois actifs avec les publics précarisés. On peut notamment citer les centres d’intégration, les maisons médicales de quartier, les centres d’alphabétisation, les centres d’émancipation ou les CPAS.
Le projet sera lancé à grande échelle début 2021 mais une première phase de test a été lancée avec la mise à dispositions des 20 premiers vélos auprès de l’ASBL Collectif Alpha, un centre d’alphabétisation bruxellois.
La mission des organismes choisis sera de choisir les personnes pouvant bénéficier du projet.
Le but final étant de mettre gratuitement à disposition un vélo à une personne précarisée pour une durée d’un an. En plus de cela, la personne pourra bénéficier d’une formation de mise en selle et des bases de la mécanique cycliste.
Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes :
- Combien d’associations du secteur vélo ont répondu à l’appel à projet ?
- Quels étaient les objectifs énoncés pour ce projet dans l’appel d’offre ?
- Quelles associations n’ont pas été retenues ? Pour quels motifs ?
- S’agissant de mettre des vélos à disposition de publiques fragilisés ou précaires, comment les associations potentielles sont-elles été identifiées informées ?
- Sur quelle base les organismes bruxellois actifs avec les publics précarisés ont été choisis ?
- Qui les choisit ?
- Est-ce que tous les organismes actifs avec les publics précarisés peuvent y participer ?
- Est-ce que la liste desdits organismes est figée ou est-elle amenée à évoluer ?
- Qui est chargé de la coordination de ces projets ?
- Des conventions sont-elles passées entre les associations du secteur vélo et les associations de terrain travaillant avec les bénéficiaires ?
- Votre administration ou le cabinet ont-ils prévu une convention type pour organiser cette mise à disposition de matériel ? Que prévoit-elle ?
- La période de prêt d’un an est-elle renouvelable ? Est-ce que la même personne pourra bénéficier du prêt de vélo sur plusieurs périodes d’un an consécutives ?
- S’agissant de vélos d’occasion reconditionnés, l’entretien et la réparation du vélo est-il inclus avec la mise à disposition ?
Réponse de la Ministre
En juin 2020, observant la baisse importante de fréquentation des transports en commun à la suite de la crise du Covid-19, nous redoutions que le transfert modal ne se fasse vers la voiture individuelle, aggravant ainsi le problème bruxellois de congestion et de pollution de l’air. Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a donc adopté une série de mesures destinées à favoriser l’usage du vélo dans le cadre du plan de relance et de redéploiement, notamment avec un projet de leasing social de vélos.
L’objectif de la démarche était de créer un système de location de vélos de longue durée. Les sociétés privées actives sur ce marché ayant connu une très forte croissance en 2020, il nous a paru intéressant de soutenir cette tendance, aussi pour ceux qui n’avaient financièrement pas accès à ce type de service.
Il n’y a pas eu d’appel à projets initial. Le calendrier serré des actions du plan de relance post-Covid-19 nous imposait de trouver la solution la plus rapide à mettre en place. Dans ce contexte, nous avons pris contact avec les trois asbl proposant des services liés à la pratique du vélo dans la Région, comme la réparation, mais aussi la location de vélos de longue durée : Pro Velo, Cyclo et les Ateliers de la rue Voot. Ce projet consiste en la mise en commun d’activités menées séparément par ces trois asbl. Il vise à mettre rapidement en selle 400 personnes précarisées, à travers les actions suivantes :
- la remise en état de 400 vélos de seconde main trouvés en élargissant les gisements de vélos usagés, via l’application Fix My Street et le dépôt régional de vélos retrouvés, les déchetteries régionales et communales, les appels aux dons, etc. En ce sens, ce projet favorise l’économie circulaire et la gestion intelligente des ressources en Région de Bruxelles-Capitale ;
- la mise de ces 400 vélos à la disposition des publics cibles par le biais des institutions et associations à forte composante sociale. Lesdits vélos sont réparés avec les pièces de rechange nécessaires et sont munis d’un bon cadenas et d’un éclairage adéquat.
Pour favoriser l’adoption du vélo comme mode de déplacement, la mise à disposition est accompagnée d’une formation à la mise en selle et aux bases de la mécanique : crevaisons, tension des freins, lubrification, etc. Ce point est essentiel pour que les vélos mis à disposition soient effectivement utilisés et qu’un transfert modal ait bien lieu. Les expériences antérieures de Pro Velo indiquent que 80 % des personnes ayant suivi la formation de mise en selle ont effectivement continué à se déplacer à vélo.
Les deux demi-journées de formation à la circulation en ville ne permettent pas de rendre totalement autonome une personne qui n’a jamais fait de vélo. C’est pourquoi nous avons contacté en priorité des organismes ayant déjà participé à des actions de mise en selle de leurs membres. Le projet est ouvert à tous les organismes actifs parmi les publics défavorisés, mais ils doivent être prêts à lancer en leur sein une dynamique cycliste qui va au-delà de la location-vente de vélos.
En matière d’entretien, l'objectif est l’autonomie des participants. Un mois après la remise du vélo, ceux-ci sont invités à un premier examen de leur bicyclette ainsi qu’à une formation à l’entretien courant d’un vélo. Les réparations plus importantes sont à leurs frais. Si les réparations nécessaires sont dues à un problème de production ou si le vélo est vandalisé ou accidenté, le remplacement est prévu.
Dans un premier temps, les organismes sociaux démarchés ont été ceux qui avaient déjà participé au projet de mise en selle Via Vélo de Pro Velo. C’est lors de ces premiers contacts que le Collectif Alpha s’est proposé pour le test, qui a été réalisé en décembre. Depuis, des contacts plus larges ont été pris, mais nous attendons d’avoir fixé définitivement le contenu de la convention avec les organismes bénéficiaires pour élargir le projet à d’autres organismes intéressés.
Une convention sera signée entre les trois asbl qui soutiennent la pratique du vélo et chaque organisme bénéficiaire. La convention, en cours d’élaboration avec plusieurs futurs organismes bénéficiaires, détaillera les questions de propriété des vélos et de l'identité des personnes bénéficiaires, la durée de la location-vente, les engagements du projet Fietsleasing social, les engagements des organismes partenaires, les conditions d’entretien ou de remplacement des vélos, etc.
Les organismes sont choisis par le comité de pilotage, qui comprend des représentants de Bruxelles Mobilité et des trois asbl partenaires.
Tous les organismes actifs avec les publics précarisés peuvent participer, dans la limite du nombre de vélos disponibles, à condition qu’ils s’engagent sur les points repris dans la convention en cours d’élaboration.
La liste des organismes bénéficiaires est appelée à évoluer puisqu'elle est en cours d’écriture. La coordination est confiée à une cheffe de projet engagée par l’asbl Cyclo.
Les organismes bénéficiaires, Bruxelles Mobilité et les trois associations de promotion du vélo sont en train d'élaborer les modalités définitives du système.
Les programmes existants d'apprentissage du vélo et de mise en selle sont souvent suivis par un public précarisé majoritairement constitué de femmes. C'est souvent par leurs enfants que celles-ci sont motivées à effectuer leurs déplacements à vélo. Ce programme peut donc être qualifié de social, mais aussi de féministe.
Réponse de Mme Agic
Ce projet est une excellente idée, notamment parce que de nombreuses femmes, et plus largement un public défavorisé, auront l'occasion d'y participer. J'espère qu'il pourra perdurer et j'ai toute confiance dans le fait que ses premiers résultats seront encourageants.