Les agressions sexistes autours du parc du Cinquantenaire
de Leila Agic
à Rudi Vervoort, ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé du développement territorial et de la rénovation urbaine, du tourisme, de la promotion de l'image de Bruxelles et du biculturel d'intérêt régional .
à Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la démocratie participative.
à Nawal Ben Hamou, secrétaire d'État à la Région de Bruxelles-Capitale en charge du logement et de l'égalité des Chances.
Demande d'explication jointe avec Mme Latifa Aït Baala et Mme Margaux de Ré. (voir leurs interventions sur weble
Le vendredi 22 janvier 2021 à 21h, une jeune femme, Carla, rentrait chez elle lorsqu'un homme l'a agressée sur l'avenue de la Chevalerie située près du parc du Cinquantenaire à Etterbeek. Elle a heureusement pu échapper à son agresseur après de très longs moments de peur, car ils n'étaient que deux dans une rue sombre à l'approche du couvre-feu. Le lendemain, lorsqu'elle a signalé l'incident à la police, les agents lui ont répondu qu'elle avait eu beaucoup de chance de s'être échappée et qu'il y aurait des cas similaires. La zone de police semble donc savoir qu'il s'agit d'un lieu critique, mais elle n'aurait pas assez de ressources pour augmenter la surveillance et la sécurité des lieux.
Une fois la pandémie atténuée, les habitantes du quartier retourneront au travail et continueront à traverser ce parc jusqu'à deux fois par jour. La moitié de ces voyages sur le chemin du retour se feront potentiellement dans l'obscurité, exactement dans la même situation que celle vécue par la jeune femme en question. Pareille situation peut être vécue comme insécurisante pour bon nombre de femmes.
Une pétition, déjà signée par 5.000 personnes au 27 janvier 2021, appelle à une action locale décisive et attendue depuis longtemps avec, notamment, la demande "d'une augmentation (ou installation) de lumières LED à énergie solaire dans et autour du parc pour minimiser les zones sombres et dangereuses".
Bien sûr, le ministre Maron n'a pas les compétences institutionnelles pour répondre à l'ensemble des demandes de ladite pétition. En outre, la réponse sécuritaire est loin d'être la seule nécessaire pour combattre la culture du viol et le harcèlement de rue. Si davantage de présence policière peut être utile et souhaitable, cela risque également de ne faire que déplacer le problème. Il serait opportun de s'intéresser au volet prévention et sécurité dans et autour des parcs gérés par la Région.
Nous savons à quel point la généralisation de l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) est urgente pour effectuer un travail de fond de changement des mentalités et, dès le plus jeune âge, combattre les stéréotypes et les idées patriarcales. Ceux-ci font que des garçons grandissent dans une société qui les amène encore à penser qu'ils peuvent légitimement voir le corps des femmes comme des objets mis à la disposition de leurs désirs.
Il existe déjà un plan bruxellois de lutte contre les violences faites aux femmes. Cependant, dans le cadre des compétences en environnement de M. Maron, peu d'actions sont envisagées. Il serait intéressant de voir ce qui pourrait y être mobilisé afin de lutter contre la situation que nous venons de décrire.
- M. Maron a-t-il eu connaissance de cet incident ? Des incidents similaires ont-ils été rapportés aux abords des parcs sous gestion régionale ?
- Quelle est la situation en matière de mesures de surveillance et de sécurité dans les parcs sous gestion régionale ?
- Les demandes des riverains sont-elles transposables aux parcs sous gestion régionale ?
- Quelles mesures concrètes peuvent-elles être adoptées pour remédier rapidement et efficacement à ces situations ? Quelles missions du plan bruxellois de lutte contre les violences faites aux femmes pourraient- elles être mobilisées dans ces cas concrets ?
À la lumière des faits dénoncés, un point spécifique pourrait-il être envisagé par le ministre lors de l'évaluation du plan prévue à mi-parcours ?
- Pouvez-vous nous détailler les plages horaires de service des gardiens de parc déployés par Bruxelles Environnement ? A-t-il été envisagé de les étendre en début de soirée ?
Avez-vous des contacts réguliers et structurels avec les zones de police afin de partager les informations utiles à la gestion de la sécurité dans les parcs ? Comment cette collaboration se matérialise-t-elle ?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses, même s'il y a une petite frustration à ne pas entendre directement M. Maron répondre sur ce qui concerne ses compétences.
Réponse de la Secrétaire d'Etat
Je vais donc répondre au nom de plusieurs de mes collègues. Sachez que les demandes d'explications que vous leur avez adressées étaient tout à fait correctes. Cependant,je rencontre quelques difficultés, en Bureau élargi, à faire comprendre que les ministres compétents doivent venir eux-mêmes devant cette commission pour répondre, eux aussi, aux questions qui leur sont adressées. Ce n'est pas faute d'essayer, mais mon nom est très souvent ajouté comme destinataire des questions posées en commission et c'est donc moi qui suis chargée de répondre à vos questions.
Pourtant, les thématiques abordées au sein de cette commission touchent des compétences qui doivent rester transversales et impliquer tous les ministres dont la présence est indispensable. Je compte sur vous pour relayer cette demande auprès de vos groupes respectifs. Je ferai de même en Bureau élargi et enverrai tout à l'heure un courrier au président et aux services du parlement pour rappeler que les ministres ont également un rôle à jouer dans l'exercice de cette compétence.
Tout comme vous, j’ai pris connaissance de l’agression qu’a subie cette jeune femme aux abords du parc du Cinquantenaire et de la pétition lancée à ce sujet.
Nous avons également passé en revue chaque point de la pétition lancée par Carla et avons apporté des réponses précises à chacune des questions soulevées, qu’elles soient du ressort de la Région bruxelloise ou non, comme l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras), ou des questions relatives au Code pénal ou à l’exécution des peines. Nous sommes toujours en contact avec ce couple, qui nous envoie encore régulièrement quelques questions auxquelles mon cabinet répond.
Mme Aït Baala, Bruxelles Prévention et sécurité (BPS) mène effectivement des enquêtes sur le sentiment d’insécurité dans l'espace public. Une enquête réalisée en 2018 montre que les hommes et les femmes craignent des phénomènes différents et qu'en général, les femmes se sentent moins en sécurité que les hommes.
L'étude de prévalence réalisée en 2016-2017 par equal.brussels, sur la violence à l'égard des femmes, a montré en outre que 20 % des personnes interrogées avaient déjà fait l'expérience d'attouchements, d'étreintes ou de baisers non désirés. Dans la plupart des cas, cela s'est produit dans l'espace public. La même étude a révélé que 80 % des femmes bruxelloises avaient déjà été victimes de harcèlement sexuel. Ces deux études sont disponibles sur les sites internet des administrations concernées.
Mmes De Ré, Agic et Stoops, pour réduire l'insécurité des femmes dans l'espace public, le gouvernement a adopté, l'été dernier, le plan bruxellois de lutte contre les violences faites aux femmes, dont nous avons longuement discuté le mois dernier. Ce plan contient de nombreuses actions relatives à l'espace public, notamment :
- accueillir des organisations féministes dans la section modes actifs de la Commission régionale de la mobilité, afin que leur expertise soit incluse dans ses conseils. Il s'agit de l'action 27 qui est coordonnée par urban.brussels et le maître-architecte de la Région de Bruxelles-Capitale ;
- assurer le suivi et le contrôle d’une lecture genrée dans les procédures de permis d'urbanisme. Il s'agit de l'action 28 ;
- porter une attention particulière au harcèlement et à la violence dans l'espace public dans le cycle de conférences de pyblik sur le thème des villes pour toutes et tous. Il s'agit de l'action 29 de perspective.brussels ;
- intégrer la question du genre dans les diagnostics des contrats de quartier et des contrats de rénovation urbaine, notamment comme critère d'évaluation à la fin de ceux-ci ou à travers Fix My Street. Il s'agit de l'action 30 menée par urban.brussels, perspective.brussels et Bruxelles Mobilité) ;
- inclure l'approche intégrée de la dimension de genre dans les contrats de quartier et les contrats de rénovation urbaine (action 34) ;
- rendre les femmes visibles dans la ville en féminisant les noms des artères et des places (action 36 menée par la commission de l'égalité des chances et des droits des femmes).
Ce vendredi commence un premier cycle de suivi du plan, lors duquel tous les ministres et secrétaires d'État compétents en la matière collaboreront à un premier état d'avancement. Autant d’intercabinets que de ministres concernés sont prévus. Concrètement, mon cabinet a élaboré un outil de suivi des actions et chaque membre du gouvernement concerné y contribuera étroitement.
Par ailleurs, Mme Aït Baala, sachez que la cellule égalité des chances de Bruxelles Pouvoirs locaux (BPL) travaille également sur la place des femmes et leur insécurité dans la ville depuis plusieurs années.
De ce fait, plusieurs actions ont déjà eu lieu depuis 2015, dont plusieurs visites en France afin d’échanger des bonnes pratiques et une formation sur le sexisme et les stéréotypes de genre dans l’espace public pour la police et les services communaux de prévention. Cette année est prévue une formation "Genre et ville" pour les services liés à l’aménagement du territoire.
La motion "Safe in the City" de la Ville de Bruxelles répond aux thèmes traités en détail dans le plan d'action régional, et plus largement dans la politique d'approche intégrée de la dimension de genre (gender mainstreaming)
En effet, dans ce cadre, une bibliographie des principales études sur le genre pour chaque compétence régionale a été réalisée. Cette bibliographie comprend plusieurs études sur le développement urbain et le sentiment de sécurité dans des villes comparables et a été communiquée aux coordinateurs et coordinatrices chargés de la question du genre des services publics compétents tels qu'urban.brussels.
Ils sont donc informés des résultats des études, afin d'en tenir compte lors de l'élaboration des lois et réglementations, des instruments de planification stratégique, des marchés publics et des subventions liés à la politique de l'aménagement de l'espace public.
Enfin, je souhaite également investir dans la prévention sexuelle en soutenant la société civile. Par le biais de l'appel à projets "Violence faite aux femmes" lancé au cours de l'été 2020, equal.brussels finance ces projets, notamment celui de l'Atelier de recherche et d'action urbaines (ARAU) et sa conférence sur les femmes et la ville, intitulée "51e école urbaine - La ville pour les femmes, la ville par les femmes" et le projet de prévention autour du sexisme et de l'agression verbale de l’asbl Garance, "Défense verbale pour toutes - Agir contre le sexisme et les agressions verbales". D’autres nombreux projets seront certainement soutenus en 2021 via les six appels à projets planifiés.
J’en viens à la série de questions posées par Mme Agic.
S'agissant de la question relative aux mesures de sécurité du parc du Cinquantenaire, mon collègue Alain Maron m’informe qu'à la suite de cet incident, plusieurs discussions ont eu lieu en interne. Afin de pouvoir collaborer au mieux, Bruxelles Environnement a rencontré les bourgmestres de la Ville de Bruxelles et d’Etterbeek, les chefs de corps de ces deux zones de police ainsi que la troisième échevine d’Etterbeek, chargée de l’égalité des genres et de la diversité.
Le ministre-président Rudi Vervoort m’informe en outre qu’afin de renforcer la sécurité dans et autour du parc du Cinquantenaire, les résultats d’un audit technique préventif de ce dernier devront permettre de pointer les améliorations d’infrastructure nécessaires, comme l’installation d’éclairages supplémentaires.
Enfin, les communes ont également encouragé toute personne victime d’une agression à porter plainte. Les services sont formés spécialement pour recueillir les témoignages et guider les victimes afin qu’elles accèdent à l’aide la plus adéquate possible.
Concernant les chiffres, sur les deux dernières années, les zones de police ont pris connaissance de quatre tentatives d’agression sexuelle dans ce parc.
En ce qui concerne plus spécifiquement la surveillance dans le parc, mon collègue Alain Maron m’informe que chaque matin, un état des lieux est effectué par les gardiens afin de s’assurer que tout est en ordre. Pendant la journée, des rondes sont effectuées continuellement pour veiller à la sécurité de tous. Les consignes données aux gardiens sont très claires : être visibles au maximum pour tous les usagers du parc et faire de la prévention auprès de tous les publics confondus.
Il n’est pas rare de trouver des personnes qui se baladent dans des chemins plus sombres ou qui restent dans le parc même lorsque celui-ci n’est plus éclairé. Généralement, les gardiens invitent ces dernières à ne pas rester dans de telles zones, et ce pour leur propre sécurité.
En ce qui concerne les plages horaires de service des gardiens de parcs déployés par Bruxelles Environnement, il faut savoir que la présence des gardiens dans les parcs est quotidienne. Les horaires varient en fonction de la période de l’année, mais en principe, il y a toujours un gardien à partir de 8h, et ce jusqu'à 18h, du mois d’octobre au mois de mars, jusqu'à 19h en avril, jusqu'à 21h de mai à août et, enfin, jusqu'à 20h en septembre.
Concernant les contacts des gardiens avec la police, sachez qu’un passage régulier de la police en journée est assuré afin d’apporter un soutien supplémentaire aux équipes. Cette collaboration entre les deux corps de métier permet de travailler dans de meilleures conditions en améliorant la sécurité au sein du parc. En effet, les gardiens ont constaté une diminution des délits dont ils étaient témoins dans le passé, tels que les vols ou les arrachages de sacs.
Dans les constats écrits effectués par les gardiens en 2020 et 2021, aucune agression physique ou verbale n’a été répertoriée. La dernière altercation entre plusieurs personnes en présence de gardiens date de juillet 2019.
Lorsque ceux-ci sont confrontés à ce genre de faits, ils font directement appel à la police. En ce qui concerne les incidents à caractère sexuel ou relatifs aux femmes, aucun constat n’a été effectué par Bruxelles Environnement. On peut en conclure que cette problématique semble avoir lieu en soirée, quand il n’y a plus de personnel.
Afin de garantir une meilleure sécurité dans le parc, une concertation entre les deux zones de police, les services de prévention des deux communes et Bruxelles Environnement, est prévue dans la première quinzaine du mois de mars. Cela permettra d’une part, de faire un point sur la criminalité dans et autour du parc, et d’autre part, de se coordonner pour y optimiser la présence et les actions de chacun.
Au niveau du gardiennage, il s’agira de cibler les zones considérées comme les plus à risques par les gardiens du parc du Cinquantenaire. Sur la base de cette réunion, une des pistes pourrait être de renforcer la présence des équipes de police après la prestation des équipes du parc. Ce contact donnera lieu à un échange de bonnes pratiques et sera l'occasion de programmer des collaborations plus structurelles.
Quant aux autres mesures concrètes qui seront mises en place prochainement, M. Maron cite :
- une proposition de formation, appuyée par les communes, des gardiens pour l’accueil des victimes en cas d’agression. Cela permettra de mieux aborder une victime et de la rediriger vers le service le plus adéquat ;
- au niveau de la gestion du site, l’étude d’une signalétique pour indiquer les éléments de localisation dans le parc, permettre de se situer plus facilement et voir quels sont les chemins alternatifs. On pourra également y noter les numéros d’urgence et l’emplacement du local des gardiens ;
- au niveau de l’éclairage, une visite exploratoire et technique va être entreprise avec la Régie des bâtiments, Bruxelles Environnement et un représentant de la commune d’Etterbeek. Sur cette base, les bourgmestres assureront le relais vers la Régie des bâtiments, responsable de la gestion de l’éclairage du parc.
Le projet de restauration mené par Beliris porte notamment sur cet éclairage. Une première phase a déjà porté sur les abords des bâtiments. Pour des raisons techniques, l’éclairage du parc est par contre inséparable du projet général de restauration. Un projet définitif ne sera dès lors pas opérationnel avant de nombreuses années. D'ici là, sur la base d’un diagnostic qui identifiera les éléments les plus problématiques, des réponses temporaires seront étudiées et proposées aux acteurs compétents pour une mise en œuvre rapide.
Par ailleurs, Bruxelles Environnement travaille actuellement à la mise en œuvre du projet "Femmes au parc", qui a pour objectif d’améliorer la conception des parcs gérés par Bruxelles Environnement afin d'y favoriser la présence des femmes. Ce projet est nourri par plusieurs actions qui, dans leur ensemble, participent progressivement à réduire les inégalités de genre en mobilisant les acteurs et actrices de Bruxelles Environnement. Dans ce contexte, une collaboration est en cours avec l’asbl Garance, qui lutte contre les violences basées sur le genre et à laquelle a récemment été alloué un budget de plus de 50.000 euros.
Il faudra évidemment collaborer judicieusement et étroitement avec les différents acteurs autour du parc pour parvenir à combler les besoins qui dépendent du service public. L’ensemble de nos administrations et de mes collègues ont à cœur de renforcer la sécurité selon ces stratégies.
Réplique de Mme Agic
Je remercie la secrétaire d'État pour le temps qu'elle consacre à relayer les réponses de tous les ministres.
De votre côté, les contacts que vous entretenez et les réponses que vous apportez montrent l'attention que le monde politique accorde à ces questions.
Il faut effectivement renforcer la présence de la police après le travail des agents. La formation de ces derniers, dans tous les parcs, est également importante.
Les visites exploratoires sont intéressantes. Là aussi, nous espérons qu'elles concerneront l'ensemble des parcs.
Nous apprenons l'existence du projet "Femmes au parc", que nous aurions pu aussi retrouver dans votre plan. Je reviendrai vers M. Maron pour en savoir un peu plus. Il me paraît intéressant et utile de l'appliquer à l'ensemble des parcs.
Réplique de la Secrétaire d'Etat
Il faut en effet travailler en amont sur la prévention, notamment sur la prise en compte du genre dans l'espace public. C'est pour cela que nous avons décidé de cibler particulièrement cet aspect par cette mesure qui concerne l'espace public et les transports en commun. Elle permettra de tenir compte de la dimension du genre dans l'élaboration de nouveaux projets de la Région.
Au sujet des communes évoquées dans la question complémentaire de Mme De Ré, les collaborations se sont bien passées avec Etterbeek et la Ville de Bruxelles. Bruxelles Pouvoirs locaux est partenaire de notre plan de lutte contre les violences faites aux femmes et les communes sont associées à nos actions.
Vous avez également évoqué l'enquête de 2016 lancée par equal.brussels. La section 8 de notre plan consiste en une mesure qui concerne uniquement Bruxelles Prévention et sécurité et qui vise l'obtention d'une vue régionale de cette problématique. Par ce biais, nous disposerons de données actualisées.