Leila Agic co-signe une résolution en soutien à la protection de la forêt amazonienne.

L’été dernier, des feux spectaculaires ravageaient l’Amazonie et faisaient la une des médias du monde entier. Celle qu’on appelle notre poumon vert souffrait et beaucoup de citoyens étaient inquiets et émus face aux images.

Depuis, les médias et les regards se sont tournés vers d’autres sujets, d’autres catastrophes sociales comme environnemental.Certains se demandaient surement ce que ça avait encore d’actualité cette résolution ?

Et bien c’est simple, l’Amazonie souffrait déjà avant les feux de 2019 : Durant les quarante dernières années, 800 000 km² (l’équivalent d’une fois et demie la France) de forêt amazonienne ont déjà été détruits.

Les forêts amazoniennes souffrent à mesure qu'augmente la demande mondiale de produits agricoles comme le soja et de viande de bœuf. Nous sommes donc aussi, ici, comptables de cette déforestation.

L’Amazonie souffrait donc déjà, mais elle continue de souffrir. Il y a quelques jours seulement, l’Institut National des recherches spatiales (INPE) brésilien, publiaient une étude annoncant que la déforestation de l’Amazonie a atteint un niveau record avec une hausse de 25 % par par rapport au premier semestre 2019.

Il est donc important de positionner notre région dans cette lutte environnementale essentielle pour la région Amazonienne mais aussi pour chaque citoyen de cette planète, c’est pourquoi je signe cette résolution pour le PS et que mon groupe la soutiendrons lors du vote.

La Résolution :

Le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale,
Vu la signature de l’accord de Paris par la Belgique lors de la COP21 ;
Vu la signature de l’accord de Paris par le Brésil lors de la COP21 ;
Considérant l’objectif régional de diminution d’au minimum 40 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 en comparaison avec 2005 ;
Considérant les nombreuses manifestations des jeunes et moins jeunes en faveur de la protection du climat ;
Considérant les différentes mises en garde de la communauté scientifique ;
Considérant l’appel au soutien de la communauté internationale par certains États concernés tels que la Bolivie et la Colombie ;
Considérant que la situation du réchauffement climatique et de la maîtrise des émissions de CO2 dans l’atmosphère est une question vitale pour l’humanité entière comme le soulignent les accords internationaux et en particulier l’accord de Paris ;
Considérant que l’Amazonie constitue un « puits de carbone » qui emprisonne le CO2 et joue de ce fait un rôle essentiel de régulation de la température mondiale absolument indispensable ;
Considérant que les pratiques agricoles et liées à l’élevage intensif sont responsables de 80% de la déforestation et de l’effondrement de la biodiversité de l’Amazonie ;
Considérant que le dernier rapport du GIEC énonce clairement le lien entre l’exploitation des sols et le changement climatique ;
Considérant que l’élevage est responsable d’environ 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre selon les experts du FAO ;
Considérant que l’intensité de la destruction de la forêt amazonienne s’est intensifiée depuis cette dernière année ;
Considérant qu’il s’agit d’un réservoir de biodiversité inégalé sur la planète ;
Considérant qu’il s’agit d’un lieu de vie des populations locales ;
Considérant que les populations autochtones de l’Amazonie, dont le mode de vie, voire la survie, sont directement mis en danger par les feux et la destruction de la forêt, sont prêtes à agir mais ne disposent pas des ressources suffisantes ;
Considérant que nombre de militants engagés dans la protection de l’environnement, sont fréquemment assassinés ou menacés de mort dans la région ;
Considérant que l’Amazonie est un patrimoine mondial dont le maintien concerne l’ensemble de la communauté internationale ;


Demande au Gouvernement de la Région de Bruxelles- Capitale :

- d’évaluer la possibilité de libérer une aide spécifique, dans le cadre du financement climatique international de la Région de Bruxelles-Capitale, de manière à soutenir les ONG qui travaillent avec les populations locales pour la sauvegarde de l’Amazonie ;

- de soutenir toutes les initiatives permettant de :

- favoriser les circuits courts et les éleveurs locaux respectueux du bien-être animal ;

- favoriser l’augmentation de la part des protéines d’origine végétale dans la consommation globale de la population ;

− de demander à la Commission européenne de légiférer en vue de la mise en place d'un système d’étiquetage permettant une traçabilité fiable sur les chaînes d'approvisionnement des protéines animales, tel que le type d’alimentation et la provenance de leur alimentation (p.ex : nourri au soja OGM de France) ;

  • − de travailler, au niveau européen, à la poursuite des recherches et de développer des stratégies alternatives afin d’accroître notre souveraineté en matière de protéines végétales telles que le soja.
    Demande au Gouvernement fédéral :

  • − de conditionner chaque accord de commerce avec les pays de la région amazonienne à la présence de clauses sociales et environnementales comportant des mécanismes effectifs de mise en œuvre et de contrôle ;

  • − de soutenir toutes les initiatives permettant d’attirer l’attention des citoyens sur l’impact de l’élevage industriel sur le réchauffement climatique et la déforestation et sur l’importance de la qualité des conditions d’élevage sur les plans sanitaire, environnemental, et du bien-être animal ;

  • − de mettre en place un label « nourri sans OGM » pour la vente de protéines animales ;

− de transmettre la présente résolution aux représentants des gouvernements des États concernés, à savoir le Brésil, le Pérou, la Colombie, le Venezuela, l’Équateur, la Bolivie, le Guyana, le Surinam et la France (Guyane française).

Le Greffier,
Patrick VANLEEMPUTTEN

Le Président,

Rachid MADRANE

Signataires

Marie Nagy,

Leila Agic,

Lotte Stoops,

Marie Lecocq,

Carla Dejonghe,

Els Rochette,

Latifa Aït Baala,

Gladys Kazadi