Le récent féminicide commis à Molenbeek Saint-Jean et les mesures prises par la COCOF.

Samedi dernier, en plein jour et en pleine rue à Molenbeek-Saint-Jean, Louiza, qui était appelée par tous Salwa, a été victime d'un féminicide perpétré par son ex-mari, qui lui a assené plusieurs coups de couteau. Ce dernier a été maîtrisé par des jeunes, dont je salue le courage, mais Louiza a succombé à ses blessures.


Ce n'est pas la première fois que la question des féminicides est abordée ici. Pourtant, il reste important de continuer à en parler parce ce ne sont pas que des chiffres. Derrière ces statistiques, il y a des vies brisées, des familles endeuillées, des enfants qui n'ont plus de mère. Par-dessus tout, ces féminicides qui font la une sont la pointe visible de l'iceberg qui cache ces femmes qui subissent quotidiennement des violences dans notre pays et qui, plainte après plainte, restent encore trop souvent, comme Salwa, démunies face à cette violence.


Certes, on ne change pas des mentalités forgées par des siècles de patriarcat en quelques mois. Oui, les volontés se font de plus en plus fortes. Mais, aujourd'hui, je reste très inquiète face à ce second confinement qui semble imminent et aux conséquences qu'il pourrait avoir sur l'augmentation des violences intrafamiliales.


- Pour rappel, un triplement des appels a été enregistré sur les lignes d'écoute de violences conjugales lors du premier confinement. Tous les outils mis en place lors du premier confinement pour venir en aide aux femmes victimes de violences intrafamiliales ont-ils été réactivés pour éviter de se retrouver submergés par l'augmentation des demandes ?

- Connaît-on actuellement une augmentation de la sollicitation des lignes d'écoute ?

- Quelle est la capacité actuelle des centres d'hébergement des victimes de violences intrafamiliales ?


- Une CIM Droits des femmes a eu lieu cette semaine. Avez-vous été associée aux travaux ou avez-vous eu des retours de vos homologues ?


- Notre Région a adopté récemment le Plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Vous parliez il y a quelques mois d'un plan intrafrancophone.

- Quelles sont les mesures principales qui sont mises en œuvre dans le cadre de ces plans en vue d'un éventuel confinement ?

Réponse de Mme la Ministre


Les outils que nous avions déployés au cours du confinement sont déjà actifs pour faire face à ce qui nous attend. Il s'agit notamment des lignes d'écoute. Nous avons octroyé des subsides complémentaires à l'asbl Praxis pour le soutien aux lignes d'écoute. Tant les plages d'écoute que la messagerie instantanée ont été renforcées de manière à pouvoir répondre le plus possible aux demandes. Durant le confinement, nous avons relevé jusqu'à 80 appels par jour. Ces dernières semaines, la moyenne est de 28 appels par jour, mais nous sommes prêts à en accueillir une cinquantaine. Ces actions sont une collaboration de la Commission communautaire française, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne.


L'hôtel de 50 places est complet. Il est financé jusqu’en mars 2021. L'équipe se compose de deux équivalents temps plein (ETP) supplémentaires pour accompagner les femmes et les familles. Dans les maisons d'accueil, les personnes accueillies changent sans cesse, celles qui sortent permettent de nouvelles entrées. Des familles sont malheureusement en liste d'attente. Je ne dispose pas des chiffres aujourd'hui, mais je vous les transmettrai.
Enfin, concernant la CIM de cette semaine, la Commission communautaire française n'est pas directement associée à la CIM Droits des femmes. C'est, en effet, ma collègue Nawal Ben Hamou qui y représente la Région. Je n'ai hélas pas encore eu l'occasion d'en discuter avec elle, ce qui est parfaitement normal compte tenu de sa disponibilité relative en ce moment. Cependant je suis de près les travaux menés tant au sein de mon cabinet que du sien.


Quant aux plans intrafrancophones de lutte contre les violences faites aux femmes, comme je l'ai annoncé ce matin, nous sommes en train de les finaliser. D'ici quelques semaines, nous serons en mesure de les présenter, mais aussi de les soumettre au débat contradictoire avec vous.

Réplique de Mme Agic


Il est important que nous restions à la pointe de ces combats. En effet, force est de constater que la justice n'est pas à la hauteur dans la lutte contre les violences que subissent les femmes dans notre pays. Nous n'arriverons pas à contrer seuls le manque de moyens alloués à la justice, mais nous devons prendre notre part dans cette problématique.


J'entends que les 50 places de l'hôtel sont occupées. J'imagine dès lors que des réflexions sont menées sur la création d'autres places en vue du prochain confinement, le nombre de demandes risquant d'augmenter. J'imagine que vous y serez attentive. Nous attendons évidemment ce plan qui nous sera prochainement présenté.