La mise en place d'une piste cyclable en bois.
de Leila Agic
à Elke Van den Brandt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la mobilité, des travaux publics et de la sécurité routière.
Question orale
Dans la presse du 14 janvier 2021, nous apprenions qu’une piste cyclable en bois a été placée sur le pont Fraiteur à Ixelles qui vient d’être réaménagé après plusieurs mois de travaux.
Ce pont datant de 1899 était en mauvais état, en plus d’être étroit. De ce fait, Infrabel et la Région de Bruxelles-Capitale ont lancé des travaux de rénovation du pont à la fin du mois de juin 2020.
Le chantier s’est terminé à la mi-décembre 2020 et les riverains ont pu découvrir un pont plus large et doté de passerelles en bois. L’une des deux passerelles est réservée aux piétons et l’autre aux cyclistes.
Selon la température et l’humidité, le bois devient glissant et particulièrement lorsque la pluie ou la neige et le gel s’en mêlent.
Nous apprenons que de nombreux cyclistes sont tombés où ont glissés et la commune d’Ixelles a décidé de fermer la passerelle aux cyclistes.
De plus, une analyse et des informations objectivées sur la sécurité du revêtement de cette passerelle ont été demandées à Infrabel, propriétaire du pont, initiateur et gestionnaire du projet.
En attendant de régler la situation, les cyclistes doivent emprunter la voirie et ne disposent plus de piste cyclable à cet endroit.
Cette situation est dommageable, car l’apport d’aménagements en bois dans l’espace public présente un intérêt esthétique certain.
Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes :
- Qui d’Infrabel ou de Bruxelles Mobilité a posé le choix quant à la mise en œuvre de cette passerelle en bois ?
-
- Son caractère glissant est-il dû à l’essence de bois mis en œuvre ou au type de mise en œuvre ? De quelle essence de bois s’agit-il ?
- Autrement dit, est-il jugé possible de mettre en œuvre de tels revêtements en bois sas qu’ils ne s’avèrent dangereux pour les piétons ou cyclistes ?
- L’Administration de Bruxelles mobilité disposent-elle d’un cahier des charges ou bonnes pratiques de référence pour les mises en œuvre futures de telles passerelles ?
- Est-il jugé possible de recourir exclusivement à des essences de bois durables, certifiées et d’origines européennes ?
- Quelles sont les mesures de corrections possibles et prévues pour les passerelles aménagées ?
- Ces mesures correctrices seront-elles à charge de l’entrepreneur, d’Infrabel ou de la Région ?
Réponse de la Ministre
La mise en œuvre de cette passerelle en bois est un choix d'Infrabel.
Nous ne connaissons pas la cause exacte du caractère glissant, mais nous avons interpellé Infrabel sur ce problème, qui nous a été signalé à plusieurs reprises. Entre-temps, le revêtement de la passerelle a été réparé et changé afin que celle-ci ne soit plus glissante. Elle est dès lors à nouveau accessible aux cyclistes.
En tant que gestionnaire du pont, Infrabel a analysé quel produit antidérapant convenait le mieux pour éviter des glissades à l’avenir et a réalisé les travaux nécessaires.
Bruxelles Mobilité n'installe que très rarement des revêtements en bois. C'est notamment le cas le long du boulevard de la Woluwe, où nous n’avons pas reçu de plainte. La seule passerelle en bois qui a posé des problèmes est celle d'Infrabel, mais la situation est désormais réglée.
Étant donné la spécificité de chaque passerelle, Bruxelles Mobilité ne dispose pas d'un cahier des charges ou d'un vade-mecum de référence pour les mises en œuvre futures de telles passerelles, mais propose un guide des surfaces les plus adaptées en termes d'accessibilité, qui tient également compte de leur caractère glissant, et formule des recommandations dans les différents vade-mecum cyclables.
Bruxelles Mobilité peut utiliser des labels de type Forest Stewardship Council (FSC), mais ne peut malheureusement pas imposer de bois européen, car une telle exigence limiterait trop le marché.
Infrabel est responsable du chantier de la passerelle et doit réceptionner une passerelle sûre pour tous les usagers. Au niveau de la responsabilité, il revient à Infrabel de décider si l’entrepreneur a commis une erreur ou non, et elle n'hésitera certainement pas à agir si elle le juge nécessaire.
Réplique de Mme Agic
Je pense que nous avons été nombreux à nous dire qu'il s'agissait d'une histoire bien belge quand nous avons lu cet article parlant d'un revêtement en bois sensible à la pluie, qui est tout de même souvent présente dans notre capitale. Je suis donc heureuse d'apprendre que des changements ont été apportés.