La campagne fédérale de détection du gaz radon et la situation en Région de Bruxelles-Capitale
de Leila Agic
à Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la démocratie participative
Question orale
Entre le 1er octobre et le 31 décembre 2019 s'est tenue en Belgique l'action Radon. II s'agissait d'une campagne visant à encourager les citoyens à mesurer et, éventuellement, détecter la présence de gaz radon dans leur domicile, afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires pour s'en débarrasser.
Cette campagne a été menée par l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), en partenariat avec la cellule régionale d'intervention en pollution intérieure (Cripi) de Bruxelles Environnement et les cinq provinces wallonnes. Elle invitait les citoyens à commander un appareil en ligne afin de mesurer la quantité de radon dans leur domicile.
Nous apprenons par le site de la RTBF que la présence de ce gaz est faible en Flandre, en raison de la composition des sols. En Wallonie et, plus précisément, à Namur, la présence de radon est cependant beaucoup plus répandue. Toute maison peut hypothétiquement contenir ce gaz radioactif, qui s'introduit souvent par les caves ou via les fondations. Les habitations dans les rez-de- chaussée et sous-sols sont les plus exposées à la présence de radon.
Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon, juste après le tabac, et est à l'origine de 10% des cancers du poumon en Belgique. Incolore, inodore et insipide, il ne peut être détecté que par des mesures effectuées au moyen d'appareils conçus à cet effet. Ce gaz est nocif pour la santé lorsqu'il est respiré à long terme, par exemple sur une période de 30 à 40 ans. Les sols bruxellois sont-ils favorables à la propagation du radon ?
- Comment la campagne de mesure menée par la Cripi s'est-elle déroulée ? Quels en sont les résultats ?
- Dès lors, vos services considèrent-ils comme nécessaire de poursuivre l'échantillonnage à l'échelle du territoire régional ?
- Sur la base des résultats disponibles, y a-t-il lieu de mobiliser les Bruxellois sur cette question ?
Réponse du Ministre:
Votre constat est correct, le radon étant un gaz qui peut avoir des effets délétères sur la santé. Il est donc primordial de continuer à mener activement des campagnes de sensibilisation pour en réduire l'impact.
Comme chaque année, Bruxelles Environnement participe à la campagne nationale de sensibilisation sur le sujet, qui se déroule du 1er octobre jusqu'à la fin de l’année. Il est donc trop tôt pour fournir des résultats, mais je saisis l'occasion pour communiquer des informations générales à cet égard.
En Belgique, pour des raisons liées à la composition du sous-sol, le sud du pays est plus touché par le radon que le nord. Certaines communes du Brabant wallon, de la province de Liège et du Luxembourg sont ainsi considérées comme des zones à risques : 5 à 10 % des maisons se trouvent au-dessus du niveau de référence de 300 becquerels par mètre cube (Bq/m3) d'air. Bruxelles, en revanche, ne fait pas partie des zones à risques.
La campagne de mesure de ce gaz est gérée par la cellule régionale d’intervention en pollution intérieure (Cripi) de Bruxelles Environnement pour les 19 communes de la Région bruxelloise, via le site www.actionradon.be. Cette campagne vient de se clôturer. Elle a lieu durant les mois les plus froids, du 1er octobre au 31 décembre, afin de coïncider avec les périodes où les logements sont moins fréquemment aérés.
Début décembre, Bruxelles Environnement avait reçu 103 inscriptions et 51 détecteurs avaient été payés. Mais le nombre de personnes ayant confirmé leur demande par une preuve de paiement ne sera connu que vers le 15 janvier 2020.
Les détecteurs de radon doivent être placés dans le logement pendant trois mois. Il n’est donc pas encore possible de tirer des conclusions sur la campagne qui vient de s'achever. Compte tenu de la période d'exposition et du temps nécessaire pour les analyses au laboratoire du Hainaut, nous devrions disposer des résultats en avril ou mai 2020.
Au cours de la campagne précédente, qui s'est déroulée en 2018, 76 détecteurs ont été commandés par les Bruxellois. Les résultats ont permis de démontrer que 10,5 % de ces habitations présentaient un taux de radon supérieur à 100 Bq/m3, considéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le niveau-cible à ne pas dépasser pour les nouvelles constructions. À partir de cette concentration, il est recommandé d’améliorer le renouvellement d’air dans l’habitation. Deux habitations dépassaient les 200Bq/m3.
Les résultats collectés lors des campagnes sont confidentiels et sont envoyés à l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), afin de lui permettre d’affiner la cartographie des zones contaminées par le radon en Belgique.
Des études récentes indiquent que le risque de cancer pulmonaire pourrait déjà augmenter à partir d’une concentration en radon de 100 Bq/m3, niveau que l’on est susceptible de rencontrer sur l’ensemble du territoire belge, y compris à Bruxelles - cela s'est d'ailleurs confirmé récemment. Dès lors, même si la Région est plutôt épargnée par la problématique du radon, il est intéressant, voire prudent de contrôler la présence de ce gaz dans les habitations. Il est important de proposer aux Bruxellois de participer au test, au même titre que tous les habitants du pays, même si c’est finalement pour les rassurer.
De plus, certains matériaux de construction comme le plâtre ou les pierres naturelles peuvent contenir du radon, mais en concentration beaucoup moins élevée que le sol. En sensibilisant la population à l’origine de ce gaz et aux manières de lutter contre celui-ci, l’action Radon permet donc aussi de réduire, voire d'éliminer les risques de contamination.
Enfin, je vous recommande, comme à toutes celles et ceux que la question intéresse, de consulter le site de l’AFCN, qui est particulièrement complet et indique les taux constatés commune par commune. Vous y lirez que la Région bruxelloise est en classe 0, c'est-à-dire que moins de 1 % des maisons dépassent le niveau de référence de 300 Bq/m3.
Réplique de Mme Agic
Je vous remercie pour ces informations et imagine que votre cabinet nous transmettra les résultats en temps utile.