JANVIER SANS ALCOOL » ET LE PLAN INTERFÉDÉRAL 2023-2025 POUR LUTTER CONTRE LA CONSOMMATION NOCIVE D’ALCOOL
De Leila Agic
à Barbara Trachte, ministre-présidente en charge de la Promotion de la santé
Avec cette nouvelle année 2025 a également commencé le « Dry January » ou janvier sobre.
En ce début de semaine, La Dernière Heure revenait sur le fléau social de l'alcoolisme. Des témoignages mettaient en lumière les défis personnels des personnes dépendantes, mais aussi les conséquences économiques, sociales et sanitaires de l'alcoolisme, notamment s'agissant du nombre d'hospitalisations, d'accidents ou de violences. Nous sommes aussi préoccupés de voir que la jeunesse est de plus en plus touchée par ce phénomène. Il est donc important que les pouvoirs publics puissent se saisir de cette question.
En 2023, un plan interfédéral comportant 75 recommandations avait été mis en place pour lutter contre la consommation abusive d'alcool. À l'époque, le secteur s'était pourtant inquiété du fait qu'il n'allait pas assez loin et qu'il n'était pas assez pratique. Je souhaitais donc revenir aujourd'hui revenir sur ce point d'actualité pour de nombreux Belges.
Comment se passe la collaboration interfédérale sur ce plan et, plus généralement, dans le domaine de la lutte contre l'alcoolisme ?
Que fait-on pour sensibiliser les jeunes aux dangers de la beuverie express (binge drinking) et de la consommation précoce d'alcool ?
Ce plan sera-t-il prolongé au-delà de 2025 ? Est-il prévu de prendre de nouvelles mesures plus strictes et imperméables aux lobbies ? Je l'espère.
Réponse de la ministre
Au niveau fédéral, la coordination s'inscrit dans le cadre de la stratégie interfédérale en matière d’usage nocif d’alcool et du plan alcool que vous avez cité. L'enjeu réside dans la recherche d'un consensus, vu les sensibilités politiques différentes en la matière. Ainsi, la première recommandation unanime des scientifiques pour lutter contre le fléau de l'alcool, à savoir l'interdiction de la publicité, n’est pas incluse dans le plan alcool adopté en 2023, malgré le fait que nous la soutenions. L'enjeu est donc ici d'atteindre un consensus politique autour des mesures adoptées.
Au niveau bruxellois, la coordination est exercée dans le cadre du rapprochement entre les compétences de la Commission communautaire française et de la Commission communautaire commune. Un groupe de travail Commission communautaire française-Vivalis est chargé de faire l’inventaire de toutes les actions existantes, afin de coordonner les actions sur le terrain. Malheureusement, l’Office de la naissance et de l'enfance n'est pas assez présent dans le cadre de cette coordination. Il y a là des améliorations à apporter.
Concernant les jeunes, l’ASBL Univers santé est soutenue pour mettre en place la campagne « Tournée minérale ». Par ailleurs, le groupe porteur Jeunes, alcool et société existe depuis 2003. Il mène des actions d'observation et de sensibilisation, de même qu'il organise des conférences et des interventions auprès de tous les acteurs qui travaillent avec les jeunes, comme les écoles, à leur demande.
Pour le futur plan alcool, l'enjeu sera donc de trouver un consensus politique. Cela dépendra de la volonté politique du futur Collège, mais aussi et surtout de celle du Gouvernement fédéral.
Réplique de Mme Agic
Force est de constater que, d'année en année, malgré les mesures prises, les chiffres ne font que s'aggraver. Ce constat ne fait que confirmer les demandes des acteurs de la santé, qui souhaitaient que l'on aille plus loin et, à tout le moins, que l'on interdise la publicité pour l'alcool, comme cela a été fait pour d'autres addictions. Même si l'avenir ne sera pas forcément conforme à nos attentes, nous devons garder espoir et continuer à suivre ce dossier de près.